Je suis une pâquerette.
Oui, une jolie pâquerette, avec des pétales dis, tendues vers le ciel, crochetant ses rayon, envoutant les protons, alors que le vent carillonne, en embuscade, cache-cache, et bruisse les feuilles de cette incongruité stylistique. Aussi petit que l'on soit, on trouve toujours plus petit que soit. Je les regardent, ces pas vides, frappés, passant les pavés de leurs aiguilles survoltées, le temps presse, et contre le trottoir, je le regarde s'agiter, sursauter, frissonner. Le sourire aux étamines, à défaut d'aux feuilles. Quelques vibrions, les fossettes qui se tordent, et les amours qui se perdent, ou se rencontre, et de mes pétales je les synchronise, doucement, sans hésitation. Oui, je l'aime à la folie, et c'est réciproque, allons, effeuillons les émotions, je n'attend qu'un épiderme amoureux, la transpiration du doute, ce film qui poisse la peau, l'âme, et le c½ur, qui écorche ces arrêtes que l'on s'efforce en vain de polir, qui nous brûle et nous effrite, mais je suis la, je suis la pour vous soutenir, regardez, une pétale après l'autre, un espoir avant l'autre, et sans même l'audace d'un soupir, ils sont la, ses sentiments, quelques douceurs albâtres, au creux des mains, au creux des souvenirs. Intense, transe et valse lucide, l'étoile brille, l'arrêt s'enlise et l'instant m'électrise, je suis une pâquerette, une petite pâquerette, touchée, effeuillée, écarquillée, dilatée de tendresse et d'anaphores prolixiques, sens et décence à fleur de feuille, aimez moi, par delà vos empreintes et l'amour qu'elles transportent, c'est un peu de vos émotions que vous me donnez, le temps d'un espoir, le temps d'un instant, la lumière illuminée d'illusions et d'avenirs goût papillon, je suis la messagère de cette passion qui viole vos pensées, de l'harmonie assiégée de vos intentions saccadées. Alors vibrons, un temps, l'ultime seconde de ces sursauts serratiques, je suis cet anathème écharpé de vos circonvolutions ancillaires, ce podrome infantil de cet avenir délétère, une petite pâquerette aimée, le temps d'un instant, le dos dans l'herbe et le soleil qui éblouit les minutes cornaline-passion, j'aphérèse les larmes, tronque les questions, ne restent que ces ions en épiseuxes de printemps, d'automne rouge-sang, lorsque les feuilles mortes, tranchées par les aiguilles de vos horloges, tiennent compagnie aux trèfles et aux coquelicots. À vos illusions dorées-papillons. Pusillanime, mais croque les, ces fruits acides, ceux qu'envient tellement sans se l'avouer ces silhouettes édredonnée de lassitude, capitonnées d'un sommeil où le rêve-aventure n'est qu'un aphorisme parmi tellement d'autre, en masse doucereuse de placidité. Allez, cours, il t'aime, tu le sais, je suis un pont, un pont chamarré d'adamante flavescente, de jaune-banc-chartreux, je suis une pâquerette, cette pâquerette témoin de ton amour et de ta passion. Ce pont ce sont tes prunelles, cette autoroute, tes émotions.
Et puis laisse moi m'envoler, en étincelle-stridulation, ces éclats de nuage, ce sont à toi que je les dois, tu vois, écoute le sifflement du vent contre ma tige, le long de mes étoiles d'amour gorgées, écarquillées d'ivresse, la chute, le vide, puis l'abime lorsque avec un claquement sec tes doigts arrachent un dernier lambeau d'intension, d'espoir et flaque d'illusion.
De desespoir, la mithridatisation.
Enfin.
(surtout pare que j'avais envie d'utiliser ce mot...)